La vaste campagne Un enfant c'est pas sorcier" a démarré le 15 février à Kinshasa à l'initiative du Théâtre de la Communauté des amis de la nature et de la culture (Canacu) aidée par le Théâtre de Poche de Bruxelles, soutenue par Wallonie-Bruxelles. Ele entend lutter contre la superstition liée aux prétendus enfants porteurs de maléfices "les enfants sorciers" et la maltraitance à leur égard.
La pauvreté a chassé beaucoup d'enfants du toit familial. Les enfants vivent dans la rue sans protection sociale, sans l'amour qui leur revient de droit, à la merci de prédateurs tels les prophètes et pasteurs des églises dites du réveil qui organisent un commerce très lucratif : les séances publiques d'exorcisme. Les filles sont victimes d'exploitation sexuelle.
Les représentations théâtrales seront données par des troupes congolaises. L'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho) est partenaire du Théâtre de Poche et de plusieurs ONG qui oeuvrent sur place.
La Campagne s'étendra aussi aux villes de Bukavu et de Kisangani qui connaissent le même problème.
Le phénomène des enfants sorciers n'est pas une fatalité. L'adoption de la loi sur la pénalisation de la maltraitance des enfants, la réinsertion sociale des enfants en rupture familiale peuvent contrer le fléau.
Une seule troupe théâtrale par ville mènera un travail artistique approfondi et citoyen.
La jeunesse d'aujourd'hui est le gage de l'avenir du pays.